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Avec deux façades maritimes (Atlantique et Pacifique), 11 122 km de côtes et 3 149 920 km2 de zone économique exclusive, le Mexique est un pays façonné par la mer. Pour contrôler et agir sur cet espace, l’Armada de México, une marine côtière tournée vers l’action « sur terre, dans les airs et en mer », qui désormais se rêve hauturière.

neutralité et menaces asymétriques

L’éventail théorique des missions de la marine mexicaine est large : prévention et intervention face aux menaces extérieures, lutte contre les troubles intérieurs, application de la loi dans les espaces maritimes mexicains et soutien aux populations en cas de catastrophes naturelles. Mais le Mexique a une longue habitude de neutralité en matière internationale : Mexico n’est pas intervenu dans un conflit extérieur depuis 1945 et, aujourd’hui, n’a pas à faire face à de réelles menaces étatiques. Les forces armées se sont petit à petit concentrées sur la lutte contre les guérillas intérieures et, à partir de 2006, à la demande du président Felipe Calderón, contre les narcotrafics. Le format de la marine et sa doctrine d’emploi sont donc fortement orientés vers la lutte contre des menaces asymétriques en mer.

Format de la marine mexicaine

Les forces armées disposent d’un budget de 7 milliards de dollars, soit 0,5 % du PIB, dont un tiers est alloué à la marine. L’Armada de México comprend 60 000 hommes et regroupe la marine de guerre, l’infanterie de marine, la force aéronavale et le corps des garde-côtes. Elle est placée sous l’autorité d’un unique Secrétaire de la Marine.

La protection du territoire contre les menaces extérieures est assurée par deux forces navales, celle du Golfe et des Caraïbes et celle du Pacifique. Chacune constitue un ensemble cohérent de moyens complémentaires : des destroyers ASM, des hélicoptères embarqués, une force de réaction amphibie d'infanterie et une flottille de soutien.

Hormis ces deux flottes, les moyens de la marine sont adaptés à leur mission de lutte contre les narcotrafics. L’état-major a ainsi développé une doctrine tactique adaptée, baptisée TRINOMIO, qui combine l’emploi de patrouilleurs hauturiers et de vedettes rapides d’interception, avec le soutien d’hélicoptères pour mener des interceptions et opérations aéroportées ou amphibies.

Le territoire est divisé en sept régions navales puis en 27 secteurs qui disposent chacun d’une flottille comprenant de deux à six patrouilleurs hauturiers (OPV) ou côtiers et plusieurs vedettes d’interception (au total, la marine compte 27 OPV, principalement de construction locale, et 141 patrouilleurs côtiers et vedettes rapides). Cet éparpillement permet une réponse rapide, une couverture complète du territoire et une grande efficacité due à l’entraînement en commun.

Le corps de l’Infanteria de Marina est la force amphibie de la marine. Il a un rôle prépondérant à terre dans la guerre contre les cartels, en appui des forces civiles. Il connaît une montée en puissance étonnante depuis peu : 15 000 hommes en 2012 et 24 000 en 2017 !

La force aéronavale de 130 aéronefs connaît elle aussi un développement rapide. Elle intervient en soutien, souvent embarquée sur les OPV. Elle ne cesse de se moderniser : acquisition de 3 avions de guet aérien E-2C Hawkeye en 2004, de 7 Casa C-2012-200 de surveillance maritime modernisés en 2004, de 6 Casa CN-235-300 de patrouille maritime livrés en 2012, de 9 avions de transport et de 65 hélicoptères.

Une marine moderne qui veut devenir hauturière

Le Mexique poursuit la modernisation de son trio d’intervention avec la construction de 4 OPV de 1 680 tonnes, l'acquisition de véhicules spécialisés pour l’infanterie de marine et le renouvellement des hélicoptères de combat et avions de patrouille maritime de l’aéronautique navale.

Surtout, le Mexique entend se doter de moyens hauturiers pour participer à des opérations internationales, en lien avec les États-Unis ou dans le cadre de l’ONU pour des missions humanitaires et de maintien de la paix (telle la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti).

L’achat de deux frégates américaines O. H. Perry, un temps envisagé, a été annulé en 2016, au profit d’une acquisition de frégates plus légères de construction locale, mais qui tardent à venir. Le renouvellement de la composante « frégate » est pourtant impératif pour conserver une capacité conventionnelle crédible. Il est d’autant plus nécessaire si le pays souhaite passer du rêve d’une marine hauturière à sa réalité.

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Le patrouilleur hauturier ARM Independencia.
© Gobierno federal de México.

 

 

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