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Douze nouveaux sous-marins, 34 milliards d’euros, le « contrat du siècle » remporté par DCNS le 26 avril dernier est révélateur des ambitions militaires et navales de Canberra. D’autant plus que cette commande – qui va permettre à la marine australienne de doubler la capacité de sa flotte sous-marine – s’inscrit dans une stratégie de modernisation plus globale...

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Une nation maritime par nature

Avec ses 25 000 km de côtes et une zone économique exclusive de 6 000 000 km² – la 3e au rang mondial, après les États-Unis et la France –, l’Australie affiche des ambitions maritimes régionales, voire mondiales. En tant qu’État insulaire, elle est naturellement dépendante de la mer, notamment d’un point de vue économique – pour assurer ses approvisionnements, ses exportations… Pour sauvegarder ses intérêts, elle ne dispose pourtant que d’une armée réduite en comparaison avec ses voisins asiatiques, qui s’explique par sa faible population (environ 24 millions d’habitants). Dès lors, les contraintes et freins potentiels à sa politique maritime affichée sont non seulement budgétaires mais également d’ordre humain. Le programme de modernisation de ses forces navales, cohérent et ambitieux, représente en tout cas une chance pour les constructeurs européens.
 
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Une volonté de modernisation globale

Au-delà du remplacement des six sous-marins classiques de la classe Collins par douze Shortfin Barracuda Block1A à propulsion conventionnelle, l’Australie entend en effet développer sa flotte de surface par l’acquisition de neuf nouvelles frégates et de trois destroyers lance-missiles de type Hobart. Suite à la récente mise en service des deux porte-hélicoptères d’assaut de classe Canberra, la composante amphibie est également en plein renouveau et un remplacement des pétroliers-ravitailleurs est attendu dès 2021. Et pour assurer la protection de ses eaux et approches maritimes, une nouvelle classe de patrouilleurs hauturiers doit entrer en service à compter de 2018. La composante aéronautique navale n’est pas en reste, puisqu’un renforcement et un renouvellement des capacités maritimes de la Royal Australian Air Force est aussi planifié.

Une évolution qui s'inscrit dans une tendance régionale

Troisième importateur d’armement de la région Asie-Pacifique après l’Inde et la Chine, le budget alloué par le gouvernement australien à la défense a augmenté de 32% depuis 2006. En 2015, Canberra disposait ainsi du 13ème budget militaire au monde (23,6 milliards de dollars), devant les Émirats Arabes Unis ou encore Israël. Et cette part devrait encore augmenter au cours des prochaines années. Mais cette tendance n’est pas isolée dans la région Asie-Océanie, bien au contraire. Elle est très nette pour l’ensemble des nations maritimes de la zone où l’on observe une augmentation moyenne de 5,4% du montant alloué à la défense pour l’année 2015 et de 64% pour la période 2006 - 2015.

Une réponse à un contexte géopolitique préoccupant

Les raisons de cette évolution ? La montée en puissance des marines asiatiques et le contexte de « course à l’armement » que connaît la région : en 2020, la Chine disposera de 70 sous-marins et la région Asie-Pacifique comptera à elle seule la moitié des sous-marins et aéronefs de combat opérationnels dans le monde. Face à la menace potentielle que cette évolution pourrait représenter, l’Australie affiche des ambitions navales et militaires concrètes. Loin de s’isoler – comme elle pourrait pourtant être tentée de le faire en tant que nation insulaire – elle renforce ses capacités et développe sa coopération avec d’autres États. Proche alliée de l’OTAN depuis 2005, elle a d’ailleurs présenté un projet d’adhésion en 2014. Partenaire historique de Washington, Canberra esquisse également une coopération de plus en plus étroite avec Tokyo et New Delhi pour faire face à des prétentions chinoises de plus en plus marquées. Elle coopère enfin avec la France, notamment pour assurer une surveillance commune des pêches de leurs zones économiques exclusives australes.

Le CESM vient de publier une étude sur les Marines d'ailleurs, vous pouvez la télécharger en intégralité ici.